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Police - La grogne enfle chez les officiers

La sécurité fait partie des thèmes qui préoccupent les français. L'Etat présidé par Nicolas Sarkozy ne tient pas ses promesses : effectifs, heures supplémentaires, pouvoir d'achat, ... les policiers ne s'y retrouvent plus.

Le mouvement de jeudi a montré le profond malaise qui couve chez les officiers de police. Un climat qui risque fort de se détériorer.

Jeudi, des officiers de police ont déposé arme et téléphone portable sur les bureaux de leurs supérieurs. Un geste qui répondait à l’appel du Syndicat national des officiers de police (Snop) et de Synergie Officiers qui ont, ce jour-là, organisé des rassemblements à travers la France.

A l’origine de ce mouvement, un profond malaise qui porte notamment sur le paiement des heures supplémentaires. A eux deux, Snop et Synergie Officiers représentent 98 % des officiers de police. « Or il s’agit d’un corps qui, lors des dernières élections professionnelles, a voté à 74 %, précise Bruno Beschizza, secrétaire général de Synergie Officiers. On peut donc parler de véritable représentativité. »

Pourquoi cette bouffée de mécontentement ? « Le 17 juin 2004, rappelle Bruno Beschizza, nous avons signé avec Dominique de Villepin, alors ministre de l’Intérieur, un protocole d’accord qui avait été négocié avec son prédécesseur, Nicolas Sarkozy. » En échange d’un passage en catégorie 1, qui doit se traduire en particulier par un changement dans les modalités d’avancement et une grille de salaires différente, les deux syndicats acceptaient « une déflation du corps » qui devait passer, d’ici 2012, de 14.000 à 9.000. Ils ne sont plus aujourd’hui que 12.000.

Les heures supplémentaires

Le protocole prévoyait par ailleurs qu’en janvier 2008 serait abordé le problème des heures supplémentaires, qui s’élèvent actuellement à 5 millions. « A partir du mois de mai dernier, note Bruno Beschizza, l’administration s’est mise à chicailler et nous a proposé de nous les payer au tarif de 9,25 euros brut. Outre la faiblesse du taux, ces heures supplémentaires ne seraient pas défiscalisées. »

A cela s’ajoutent les hésitations de l’administration concernant les contreparties qui auraient éventuellement pu contribuer à compenser l’insuffisance de ces remboursements. « L’administration, confie Bruno Beschizza, n’a pas pris la mesure du malaise. » Et celui-ci risque fort de s’amplifier.

Un climat délétère

Secrétaire général du Syndicat indépendant des commissaires de police (SICP), Olivier Damien parle de « climat délétère qui touche la police nationale ». « Le malaise des officiers rejaillit, affirme-t-il, sur l’ensemble de l’institution. » Il poursuit sur un autre sujet préoccupant : « Des grands chantiers portant sur la réforme de la police ont été ouverts. Or les modalités de concertation sont contestables. » Résultat : « Il ne faut pas s’étonner que tout cela constitue un magma où il est de plus en plus difficile de se parler et de se comprendre. »

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? Damien Guinet
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