La sécurité de proximité, un enjeu crucial à Achères
Lionel Jospin avait payé cher d'avoir avoué sa "naïveté" face aux problèmes d'insécurité. On connaît le résultat des élections de 2002 : une dramatique élimination de la gauche au premier tour, et un Le Pen triomphant.
Quand on compare les arguments sur la sécurité développés par l'équipe communiste sortante et par la liste PS VERTS MODEM, les achérois comprendront facilement pourquoi nous ne partageons pas le même projet. Manifestement les leçons de l'échec de 2002 n'ont pas porté leurs fruits au PCF, six ans après.
Que lit-on dans l'argumentation du maire sortant sur la sécurité ?
- D'abord une étrange analyse : la population peut supporter quelques inconvénients. Quelques jeunes turbulents ne sont pas vraiment un problème à Achères. D'ailleurs on les connait ces "jeunes"... Il faut les canaliser, les éduquer. Une façon de minimiser le problème. On devine aussi une tentation de trouver des excuses sociales aux délinquants "victimes" de la société. Beaucoup d'habitants le disent : ils n'acceptent plus ce discours angélique, heurtant le simple bon sens.
- Ensuite la faute est reportée vers l'Etat accusé de ne pas assurer la sécurité des achérois. C'est en effet une responsabilité de la droite, mais c'est en même temps un aveu d'impuissance et de faiblesse à défendre les intérêts des habitants.
- Enfin des arguments contradictoires sur le coût et l'inefficacité d'une police municipale composée de fonctionnaires présumés inadaptés, alors qu'en même temps, le maire veut tripler le nombre de gardes-champêtres, qui ne sont ni plus ni moins que des fonctionnaires de la même catégorie.
Quels sont nos arguments à nous socialistes, verts et Modem ?
- Certes la société actuelle est violente, brutale, inégalitaire. Mais nous sommes au XXIème siècle. La violence de la société ne justifie en rien des comportements asociaux et irrespectueux. Le sentiment de remords et de culpabilité a même disparu chez certains délinquants petits ou grands. Une partie de la gauche tolère ce comportement : c'est tout simplement irresponsable. La perte des voix à gauche dans les milieux populaires n'a pas d'autre explication. Minimiser les souffrances d'une population confrontée aux incivilités et aux agressions est incompréhensible. Et pourtant quand on tient un discours contraire, quand on veut faire respecter les règles de vie en commun, on est souvent accusé d'être "droitier". Halte à ces leçons de "plus à gauche que moi tu meurs !".
- On a le droit d'estimer que c'est à l'Etat d'intervenir, d'ailleurs la gauche plurielle l'avait fait quand elle était aux affaires. Mais de quoi parle t-on dans les quartiers ou dans les zones pavillonnaires d'Achères là où les voitures et les poubelles brûlent ? Du coût de ces actes pour la collectivité et les vraies victimes. De l'absence du maire ou des élus quand les problèmes surgissent. Le discours habituel sur les mauvais coups de la droite ne fait plus d'effet. Tout le monde se souvient que la promesse d'agir pour avoir un commissariat a été répétée année après année, mandat après mandat en vain. C'est un échec total. La municipalité est inefficace, absente, négligente voilà ce que disent les achérois.
- Quand on veut faire peur aux électeurs, on agite le spectre de l'inefficacité. Pourtant, inventée par la gauche, l'efficacité d'une police de proximité ou de quartier n'est plus à démontrer. Pourquoi dénigrer ce que nous avons fait ensemble au gouvernement ? Si la droite a retiré ces unités (et d'ailleurs s'en repent), ce n'est pas une raison pour que la gauche s'absolve de ses obligations vis à vis des populations. Il y a une mission de service public à assurer, que les municipalités de gauche assurent généralement. Pourquoi dans d'autres villes communistes, les polices municipales existent-elles ? St Denis, Montreuil, Bagnolet, La Courneuve, autant de villes où le PCF n'a pas "peur" du coût d'une police municipale. A Achères, le PCF en est resté aux théories du siècle passé.
- Si l'Etat endetté revient dans les territoires, avec quel argent va t-il payer les policiers ? Celui des contribuables. Il ne sert à rien de dire que c'est à l'Etat de payer : l'Etat c'est nous. Quant au stationnement payant, soi-disant contrepartie d'une police locale, c'est faire un amalgame abusif. Le stationnement est payant quand la place manque. Achères a de l'espace de stationnement partout sauf en centre-ville. Qu'elles soient répressives ou préventives les mesures ont un coût qu'il soit national ou local. On peut imaginer un redéploiement des crédits pour financer tous les leviers d'action. Soyons clairs : on n'a pas à piocher dans les crédits sociaux et culturels, comme peut l'imaginer à droite. Mais sait-on seulement quelle part du budget est consacrée à la sécurité ? A Achères, on n'en sait rien. L'opacité des comptes est la règle.
La police de proximité a toujours été conçue - par la gauche - pour être au contact de la population et pour rendre service, pas pour servir des fantasmes d'ordre et d'autorité qui sont l'apanage de quelques maires de droite. Constatant son erreur, la droite cherche aujourd'hui à la réintroduire sans l'avouer avec des UTQ (unités territoriales de quartier) expérimentales.
C'est donc au nom d'une idéologie dépassée, que le maire sortant s'obstine à se battre contre la délinquance avec une main liée dans le dos. Les seuls qui en profitent, ce sont les délinquants, et à terme la droite.
Nous proposons des solutions similaires (éducateurs, médiateurs) quand il s'agit de prévention et de régulation mais ca ne suffit pas. Il faut également définir un périmètre précis des attributions à la police de proximité. Attention à ne pas recycler du personnel municipal, c'est dangereux. Quand on veut confier la sécurité à des non-professionnels, les risques de dérive et d'abus de pouvoir sont multipliés. La sécurité est une affaire sérieuse, nécessitant de la psychologie et du doigté avant de la fermeté. L'échec de la municipalité avec l'emploi de vigiles privés (La Sauvegarde) en est la preuve.
A force de caricaturer la réalité, on se trompe et on trompe les électeurs. Un vrai débat sur la sécurité de proximité fait partie de notre projet. Si les achérois en décident ainsi par référendum citoyen, nous mettrons en oeuvre cette police (qu'on l'appelle municipale ou de proximité ou de quartier) comme un outil parmi d'autres d'une politique de sécurité. Gageons que les achérois sauront s'emparer du débat avec plus de lucidité que la municipalité. Voilà pourquoi nous sommes, des deux listes de gauche, le meilleur rempart contre la droite : nous affrontons la réalité les yeux ouverts.
"Continuons" lit-on dans la prose municipale. Eh bien non ! Changeons maintenant !
Daniel Lattanzio

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