Une séance de conseil municipal s'est tenue hier soir dans la chaleur de l'été naissant et des échanges parfois houleux entre majorité et oppositions.
Vote du compte administratif 2009, demandes de subventions, adoption de schémas directeurs d'urbanisme, plan de mobilité et de déplacements à vélos, motion contre la suppression d'une classe à Henri Wallon, rien que de très normal.
Le vote du compte administratif 2009 (c'est à dire l'analyse des opérations réelles du budget 2009)a été l'occasion pour l'opposition de droite de réitérer ses critiques sur le budget municipal qu'on peut résumer ainsi : des dépenses d'investissement financées par des recettes exceptionnelles liées à la vente de bijoux de famille (des biens immobiliers ou des terrains), et des projets qui n'avancent pas ou ne se font pas faute de financement ou en raison de choix hasardeux. Marc Honoré a été plus incisif que lors du vote du budget 2010, malgré une avalanche de chiffres débités à toute vitesse qui ont dû laisser sur place beaucoup de conseillers municipaux. Pour notre part nous avons appuyé ces remarques en pointant du doigt l'importance des "reste à réaliser" qui souligne les décalages parfois importants entre prévisions et réalisations.
Monsieur le Maire a répondu en demandant précisément quelles opérations d'investissement manquaient à l'appel selon Monsieur Honoré, et qu'il fallait imaginer que la situation de la ville et de ses projets évoluaient constamment. En outre Monsieur le maire s'est défendu en disant que certains projets étaient inscrits dans le budget - comme la maison de l'Emploi - mais ne pouvaient démarrer faute de confirmation des financements des partenaires (Etat, Région, Département). On ne peut s'empêcher de penser que l'anticipation n'est pas la force de la municipalité. Un autre dossier allait le démontrer lors de la soirée, ce point se refermant avec un vote d'abstention des oppositions sur le compte administratif.
En effet la ville a décidé de se séparer des bâtiments acquis il y a 3 ans dans la ZAC des communes correspondant à l'ancien Leclerc et qui étaient destinés au nouveau centre technique municipal (CTM). Finalement on y trouvera de nouvelles surfaces commerciales (un magasin de jardinage entre autres) et le CTM sera hébergé ailleurs, soit dans la zone de la petite arche, soit dans le cadre de l'intercommunalité prévue avec Conflans et Poissy. Tout cela sous réserves, Monsieur le Maire se donnant le temps de réfléchir - cette fois - à un projet plus adapté. Il a d'ailleurs très mal pris nos observations demandant un bilan financier de l'opération entre coûts de portage, coûts de commercialisation, coûts de substitution et coûts de transferts des activités. Nous ne sommes pas certains que l'opportunité de vendre ce bâtiment était justifiée. A cette occasion Monsieur le maire a révélé une information que nous ignorions : la ville n'a jamais obtenu la subvention de 800 000 € de la région pour acquérir ce bâtiment. Nous avons donc supporté seuls les 2 500 000 € du financement et la vente sera faite au prix de 2 750 000 € moins les frais de la SARRY 78. Une opération à peu près blanche pour la ville sans doute, mais c'est une forme d'opération qui contredit l'affirmation du maire selon laquelle aucun projet ne se faisait sans que le financement ne soit bouclé. Imprudence ou légèreté on ne sait, mais Monsieur le Maire a vivement accusé le président de la région Ile de France de ne pas avoir trouvé le temps de le recevoir pendant deux ans. Nous n'avons qu'une chose à dire à Monsieur le Maire : "diriger c'est prévoir, apprenez à contrôler vos impulsions et vos colères et entourez vous de meilleurs conseils et d'appuis pour obtenir gain de cause." Pour toutes ces raisons et en l'absence de réponses, nous nous sommes abstenus sur cette délibération de cession de l'ancien Leclerc, la droite ne prenant pas part au vote.
Un autre dossier a ensuite donné une nouvelle occasion d'affrontement. Les conventions de "sponsoring" d'Achères Plage par des sociétés privées participant au financement d'environ 10% de l'opération. Nous nous sommes abstenus sur cette délibération car nous ne trouvons pas judicieux de mélanger argent public et argent privé dans une activité d'intérêt général. Achères Plage est une réussite, elle mérite d'être encouragée et soutenue dans la clarté.
En effet le financement "gratuit" de l'opération par des sponsors n'est pas selon nous de nature à clarifier les relations de la Ville avec ces sponsors qui sont parfois des fournisseurs de la ville (Taquet, Sogeres, ...), parfois des promoteurs immobiliers (Foyer pour Tous) dont l'objet social est loin de l'activité soutenue. On est dans une relation qui rappelle l'affaire Woerth, ce ministre qui sollicite en même temps de généreux donateurs pour l'UMP. Certes les sommes sont relativement modestes (au total 45 000 €) et c'est dans l'intérêt de l'opération d'Achères Plage que la ville sollicite les généreux donateurs mais on ne peut imaginer que dans l'esprit de ces derniers, ces dons soient sans contrepartie. Ils correspondent selon nous à une taxation (la droite parle de "racket") pour rester dans les bonnes grâces du maire qui parle lui du prix d'une forme de publicité. On a du mal à croire que la Société Générale a besoin de cette publicité pour exister à Achères. L'objectif est donc louable, la méthode l'est nettement moins, l'objet de la convention est emplie de non-dits. Si manifestement pour Monsieur le Maire la fin justifie les moyens, et s'il n'y a rien d'illégal, en l'espèce on introduit le poison du soupçon de marchandage et ce ne sont pas les envolées fulminantes du maire et de son adjoint aux finances qui nous feront changer d'avis sur ce bal des hypocrites.
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