Un conseil municipal plutôt court ce soir en salle des mariages. Une dizaine de points traités au lieu des trente ou trente cinq habituels. Et peu de sujets de désaccords. Nous avons voté en faveur de toutes les délibérations proposées, ayant eu l'essentiel des éclaircissements attendus.
Un point de l'ordre du jour néanmoins a prêté à discussion, c'est la carte du bruit que la ville devait arrêter en raison d'obligations européennes. Le texte proposé à la délibération aurait dû selon moi, relever l'absence de dimension prospective de cette cartographie. Les futurs projets structurants sur Achères comme le port, le doublement du CD30, et bien sûr l'A104 ne figurent pas. Comment parler d'outil de prévention contre le bruit si la cartographie à l'instant T ne parle même pas des risques potentiels ? De ce point de vue la carte du SDRIF est bien plus éloquente. M. le Maire semblait avoir accepté nos observations et amendé le texte, ce qui fait que nous avions voté la délibération en séance. Sauf que le texte proposé en toute fin de réunion après réécriture par les services ou l'adjointe concernée ne parlait plus de cette dimension prospective. Nous n'avons pas voulu revenir sur notre vote sur cette question, mais le procédé est pour le moins discutable : nous faire voter sur un texte qu'on n'a pas sous les yeux, qu'on modifie ensuite, ce n'est pas très correct. D'autant que les remarques de l'opposition de droite ont été retenues in extenso.
Il faut sans doute chercher ailleurs les raisons de ce traitement particulier de "l'opposition mineure" comme nous a appelé Monsieur le maire lors d'une précédente séance de conseil municipal.
En fait la colère à peine rentrée de M. Outreman tient à notre dernière tribune dont le ton a déplu. En fin de réunion, M. le maire est venu se plaindre devant moi de ce que j'ai écrit dans le journal municipal. Notre description des échanges des dernières réunions publiques était selon lui contraire à la réalité. Personne ne se serait exprimé de la façon dont je le rapportais. Notre compte rendu était "malhonnête", avait "choqué les services", et ferait l'objet d'un "droit de réponse". Que Monsieur le maire n'ait entendu que ses élus et ses collaborateurs tous d'accord avec lui et pas les achérois agacés s'exprimer dans les travées du Sax ne me surprend pas. Je sais bien ce que j'ai entendu ce soir là à la tribune et autour de moi. Que M. le maire réécoute la bande son de ces soirées s'il le souhaite.
Enfin selon lui nos propositions pour les transports - notamment le parking souterrain en centre ville - étaient marqués du sceau de l'électoralisme, à savoir des promesses opportunistes et non financées. C'est bien sûr faux : nos propositions sont toujours les mêmes, elles ne varient pas au gré de notre humeur. Elles auraient été financées car nous n'aurions pas fait les mêmes choix et adopté les mêmes priorités tout simplement.
Au final cette charge verbale agressive m'a ôté l'envie de boire le champagne que la municipalité offrait aux présents en cette fin de soirée. A noter d'ailleurs que sans l'opposition, le quorum n'aurait pas été atteint ce soir, preuve que nous sommes utiles à la tenue des débats.
En fait nous sommes surtout utiles aux achérois pour ne pas laisser le débat s'endormir sur des consensus mous ou des oppositions artificielles. Nous exprimons librement ce que les achérois nous disent, et ce que nous analysons et pensons de la politique municipale. Que celà ne plaise pas au maire ou à ses affidés n'est pas notre affaire. Ce ne sont pas les partisans, les courtisans ou les ralliés de la dernière heure qui vont mettre des bornes à notre indépendance.
Daniel Lattanzio

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