Monsieur le maire répond personnellement dans le journal municipal Achères aujourd'hui N°17 à notre tribune sur la hausse des impôts locaux, hausse que le dernier débat d'orientation budgétaire (DOB) laisse entrevoir.
Il y dénonce "la calomnie" consistant à rejeter sur la municipalité les difficultés budgétaires de la ville. C'est vouloir détourner l'attention sur ses propres manquements. Sur un projet aussi stratégique que le pôle tertiaire, combien de questions en commission urbanisme et développement économique ont-elles été mises à l'ordre du jour depuis trois ans ? Très peu. Constater l'impuissance du maire à atteindre un objectif annoncé publiquement est malheureusement à ce jour une réalité.
La crédibilité d'un homme politique est de prendre des engagements et de s'y tenir ou de reconnaître qu'ils n'ont pu l'être et de s'en expliquer sans chercher à fuir sa part de responsabilité. Monsieur le maire a pris des engagements sur le développement économique et sur la stabilisation des impôts qu'il ne tient pas. C'est factuel, vérifiable, sans contestation possible.
A partir de là, il s'agit d'expliquer pourquoi. Depuis 2008, tout le monde sait que sont intervenus une crise financière, un retrait de l'Etat, une réforme de la taxe professionnelle, en bref des difficultés financières générales pour la ville comme pour tous ses partenaires à commencer par l'Etat. Qui le conteste ? Pas nous.
Seulement voilà, sur la base de ces constats que fait ensuite une équipe prévoyante ? Elle bâtit des scénarios, elle émet des hypothèses, elle se met en situation d'affronter la crise. Elle ne cherche pas des excuses ou des boucs-émissaires. Elle ne demande pas à l'opposition qui n'a pas toutes les données en main de trouver des solutions en claquant des doigts. En résumé, elle assume. La municipalité n'assume pas, elle tombe dans la facilité d'augmenter les impôts après avoir fait mine de chercher des baisses de dépenses et y avoir renoncé.
Avons nous l'équipe municipale expérimentée qui nous avait été promise ? Nous avons lu dans un tract du PCF de février-mars 2011 - alors que toutes les difficultés financières évoquées étaient connues de longue date - l'adjoint aux finances Pascal Fraudin, annoncer que "la majorité municipale a décidé de ne pas augmenter ses taux d'imposition en 2011". Tout en s'inquiétant "Mais combien de temps celà pourra t-il durer ?" Apprendre une telle décision par un tract nous a surpris mais n'étant pas dans la majorité, nous avons l'habitude de ne pas être informés. Cela nous avait donné la perspective de voter le budget pour la première fois depuis 2008. Pour tout dire, je m'en étais ouvert à Monsieur le maire et son directeur de cabinet.
Revirement : une hausse des impôts locaux est évoquée à peine un mois plus tard à l'occasion du DOB. D'où notre étonnement. Qu'est ce qui a pu changer en si peu de temps ? Les bases baissent nous dit-on, il faut monter les taux. Oui mais de combien ? Quel est le trou ? On ne nous répond pas, sauf un "on vous le dira plus tard" dédaigneux. Pour notre part nous ne voyons rien d'autre que la manifestation évidente d'un pilotage à vue. Ou est la cohérence ?
Si on ne peut pas tout anticiper, il faut au moins se donner des marges de manoeuvre. L'incapacité à faire sortir les projets dans des délais raisonnables est connue, mais on sait que la ville ne décide pas seule. Par contre là où la ville est souveraine, pourquoi imposer ne serait ce que 3 à 5% de baisse de dépenses dans les services semble t-il insurmontable ? Dépenser 70 000 € par an dans une épicerie sociale pour distribuer 25 000 € de marchandises inadaptées au besoin des familles est-ce justifié ? Ne peut-on décaler certains investissements lourds d'une année ? Ne peut-on stabiliser l'impôt local en euros constants ? Nous le regrettons vivement mais nous n'avons été associés à aucune discussion en ce sens en dehors du DOB.
Voilà pourquoi à nos yeux, l'action municipale manque de prévoyance et de transparence. Nous l'avions dit en 2008, c'est toujours vrai en 2011.
Daniel Lattanzio
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